Logo purecontrol

1ère levée de fonds de 1,7M€ pour Purecontrol

L’énergie est notre avenir, économisons-la !

Purecontrol permet à un système industriel de fonctionner de façon optimale.

La difficulté tient parfois dans la définition de cet optimal. Évidemment, le respect des normes légales ne fait aucun doute, mais quelles sont les variables d’ajustement ?

Initialement, nous étions convaincus que l’optimal était nécessairement économique, quitte à y inclure les coûts indirects (taxe carbone etc.). Mais curieusement, dans les secteurs où Purecontrol travaille, les indicateurs de performances (au moins au niveau micro) sont rarement économiques :

  • – les stations d’épuration mesurent leur efficience en terme de kgDCO1/kWh
  • – les datacenters mesurent le PUE2 (ratio kWh/kWh)
  • – les bâtiments parlent de kWh/m²
  • – les piscines collectives en kWh/baigneurs
  • – les installations d’air comprimé en kWh/Nm3
  • – etc.

Aucun € dans cette liste : c’est bien l’énergie (qui se mesure en kWh) qu’il faudrait optimiser… Pourtant le tarif du kWh est tout sauf constant :

  • – il varie en fonction de l’horaire pour l’électricité
  • – il varie en fonction de la source de production (fioul, gaz, biomasse) pour les systèmes de chauffage
  • – il varie en fonction de la météo quand des sources ENR4 sont présentes 

Si on prend l’exemple de l’électricité, et que ce soit pour les tarifs finaux au client (eg. tarif type vert EDF) ou les tarifs de gros de l’électricité (données RTE). Le graphique ci-dessous montre bien les variations périodiques que l’on peut avoir sur le tarif :

Oui, le prix de l’électricité sur le marché de gros peut être…négatif !

Une croyance répandue laisse entendre qu’une économie de kWH entraîne nécessairement une économie en euros. Dans la pratique, c’est faux, il vaut mieux dépenser plus à un moment où l’électricité est moins chère, et limiter les consommations quand le prix augmente.

Pour donner un exemple, il peut être avantageux de surchauffer légèrement une habitation pendant les heures creuses pour éviter de consommer pendant les heures pleines. Cette surchauffe va se traduire par une baisse des performances énergétiques, mais aussi par une diminution de la facture.

Dans un cas extrême, lorsque le prix de l’électricité est négatif, chaque kWh consommé rapporte de l’argent !

Généralement, l’installation existante n’est ni optimale en kWh, ni optimale en euros… Cela laisse une marge de manœuvre pour gagner sur tous les tableaux. On pourrait néanmoins imaginer des situations où une optimisation impacte négativement l’un ou l’autre des indicateurs.

La courbe ci dessous présente la différence de fonctionnement d’un site industriel (station d’épuration), dans le respect des consignes légales et fonctionnelles, avec une optimisation des kWh (courbe bleue) ou des euros dans le cas d’un tarif jaune EDF (courbe rouge).

Enseignement n°1 = Économiser des kWh n’optimise pas la facture !

Mais l’impact carbone dans tout cela?

Si une optimisation économique est bien perçue au service comptable, le service environnement est souvent plus perplexe… “Optimiser les euros, c’est bien, mais si c’est pour consommer davantage de kWh, cela ne va pas dans le bon sens pour nos émissions de CO2 !”

Car, pour chaque source d’énergie, une petite formule permet de multiplier un coefficient, avec le nombre de kWh, pour obtenir l’impact carbone.

Pour l’électricité, en France en 2019, ce chiffre était de 46 gCo2/kWh (source RTE)5

Cependant, cette moyenne ne reflète pas les variations significatives dans le temps de cet impact carbone. Le graphique suivant présente les évolutions de l’intensité carbone de la production en France pour 2017 (source RTE) :

Si l’on calcule l’impact carbone réel de notre exemple précédent (multiplication de la consommation instantanée par l’intensité carbone instantanée), les conclusions sont surprenantes :

Non seulement l’optimisation économique est plus avantageuse en impact carbone qu’une optimisation énergétique, mais le gain est encore plus significatif sur l’impact carbone que sur les euros.

L’explication est relativement simple : les sources d’énergie les plus chères à l’usage (charbon, pétrole et gaz) sont aussi les plus émettrices de gaz à effet de serre. Diminuer la consommation lors des pointes a un indéniable avantage économique et encore plus grand d’un point de vue environnemental.

Les modifications dans le mix énergétique français ne feront qu’augmenter ces variations, en raison du remplacement du nucléaire (12 gCo2/kWh) par des sources d’énergie au bilan carbone très disparates6

  • – éolien (11 gCo2/kWh) 
  • – solaire (44 gCo2/kWh)
  • – gaz(490 gCo2/kWh)

On pourrait également imaginer un pilotage optimisé sur l’impact environnemental, quelques % supplémentaires peuvent encore être optimisés. Dans tous les cas, l’optimisation sur le kWh présente le plus mauvais impact carbone, ainsi que le plus mauvais impact économique.


Dans le cadre d’installations fonctionnant à l’électricité, ou dans le cas d’installations fonctionnant à partir de différentes sources énergétiques, il nous paraît contre-productif – à tous points de vue – de chercher à optimiser les kWh.

Les indicateurs en place, qui se basent sur le kWh, ne reflètent en aucun cas l’efficacité économique, et encore moins l’impact carbone. Effectuer une optimisation énergétique (optimiser les kWh) aura un impact négatif sur la production de CO2, et sur les coûts par rapport à une optimisation des coûts.


  • 1 DCO : Demande Chimique en Oxygène
  • 2PUE : Power Usage Effectiveness, indicateur d’efficacité énergétique
  • 3Nm3 : “Normal mètre cube” qui est une : “unité de volume standard qui permet de comparer entre elles des mesures effectuées dans des conditions différentes. Mètre cube de gaz dans les conditions normales de température et de pression” (source dictionnaire-environnement.com)
  • 4 ENR : Énergies Renouvelables
  • 5 assets.rte-france.com
  • 6 ipcc.ch

Article rédigé par Gautier Avril (CTO)